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S’engager

Que cache le passage en force des ComUE ?

Les conséquences néfastes pour les étudiants des Communautés d'Universités et d'Etablissements (ComUE)

La loi sur les regroupements universitaires vise en apparence à harmoniser l'offre de formation et à développer les coopérations scientifiques. Pourtant, des deux modes de regroupements proposés par la loi, l'un (l'Association) a été complètement occulté, dénigré, et son existence même parfois nié au plus haut niveau de l'Etat, quand l'autre (la ComUE) a été paré de toutes les vertus. Ce qui se cache dans ce mode de regroupement, ce sont différentes attaques contre les étudiants:

• les ComUE sont porteuses d'affrontement entre regroupement universitaires et mettent en place un enseignement à plusieurs vitesses, selon les territoires. Elles ouvrent la voie à frais d'inscription différenciés, déterminés par l'offre et la demande, et facilités par l'harmonisation des pratiques avec les écoles privées et les grands établissements membres des ComUE.

• les ComUE visent à une harmonisation de l'offre de formation porteuse, dans un contexte d'austérité budgétaire structurelle, d'un alignement sur le moins disant : les universités confrontées aux plus grandes difficultés financières réduisent au minimum leurs heures de formation, à un plancher de 1 500 heures en licence par exemple, ce qui devient un levier pour diminuer "l'offre de formation coordonnée" de licence proposée par d'autres établissements de la ComUE. Par rabotages successifs, des formations ne répondent déjà plus aux cadrages nationaux. A quand le palmarès des licences, après celui des lycées ? Il intéressera beaucoup les employeurs au moment de l'embauche et de la négociation salariale : "et votre licence, complète ou allégée ?".

• les ComUE font apparaître artificiellement de faux "doublons" de formation (dont le contenu, masqué par des libellés identiques, peuvent être très différents, et qui peuvent être localisés à de grandes distances l'un de l'autre) qui seront supprimés par des injonctions du ministère. La DGESIP estime à 30% le nombre de formations "doublons" qu'il faut supprimer.

• les ComUE rompent avec la démocratie universitaire: les personnels et les étudiants y seront très mal représentés, et le pouvoir de décision confié à des exécutifs resserrés.

Les conséquences pour les personnels Biatss

Les personnels Biatss, comme le reste de la communauté universitaire, seront très mal représentés dans les ComUE et seront donc dépossédés de leur droit de regard sur le transfert progressif des compétences. Malgré les dénégations et les promesses des présidences, les ComUE ont été explicitement pensées par le Ministère (devenu Secrétariat d'Etat) comme un stade préliminaire préparatoire à la fusion. En effet, les regroupements sont pensés comme porteurs de "mutualisation" et de "simplification". Les regroupements forcés conduisent donc au "redéploiement  des fonctions", à la mutualisation de services administratifs et de soutien à l'enseignement entre des sites éloignés géographiquement. La restructuration se faisant dans un contexte d'austérité sévère, ce sont les personnels qui devront assurer une charge de travail alourdie et la mobilité entre les sites.

Les conséquences pour la Recherche

Alors que la France manque de chercheurs et de thésards par rapport à la plupart des autres pays comparables en taille et en engagement dans la recherche, un des résultats attendus des ComUE est la diminution du nombre de thèses non financées, non par l'augmentation des financements, mais par diminution du nombre de doctorants. En Ile-de-France se pose un problème spécifique: les ComUE opèrent un charcutage du tissu de recherche et de formation. Elles conduiraient à ce résultat paradoxal que, partant d'une coopération territoriale active et pluridisciplinaire, des regroupements entièrement sous la coupe d'un secteur disciplinaires verraient le jour. On ne compte plus les incitations à fusionner des Ecoles Doctorales, au mépris des spécificités de champs disciplinaires développés ici ou là, mais aussi à détruire les Ecoles Doctorales fonctionnelles pour créer des Ecoles Doctorales "de site". Les appels d'offre proposés par les regroupements dotés de l'Idex sont exclusivement endogames, traduisant non une volonté de coopération, mais un repli identitaire sur des contours décidés arbitrairement. Les unités de recherches en co-tutelles, enfin, sont menacées de désassociation ou d'être privées de moyens.

 

De manière plus générale, comment imaginer le succès d'une pareille mutation quand elle se fait derrière le dos de la communauté universitaire, et contre elle, dans une désinformation permanente et un mépris de la loi, telle qu'elle a été votée par la représentation nationale, jusqu'au plus haut niveau de l'Etat.

 

Documentez-vous vite... nous devons créer un raz-de marée de protestations à travers tout le pays, et le plus rapidement possible.



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